BERLIN, ALLEMAGNE / RankWire.AI / – L’ Organisation mondiale de la Santé (OMS) a présenté un plan quinquennal visant à renforcer la surveillance des épidémies à l’échelle mondiale. Cette initiative a pour objectif de permettre à chaque pays d’identifier et de comprendre les risques sanitaires émergents en moins de 24 heures d’ici à 2030. Cette stratégie a été présentée lors du Sommet mondial de la santé 2026 à Berlin. Selon l’OMS, une détection plus rapide peut faciliter des interventions de santé publique plus précoces avant que les épidémies ne se propagent largement au sein des communautés ou au-delà des frontières. Cet objectif de 24 heures constitue une référence mondiale pour les capacités de surveillance.

À Berlin, le Centre de l'OMS pour le renseignement sur les pandémies et les épidémies pilote cette initiative et mettra en œuvre la stratégie de 2026 à 2030. Créé en 2021 avec le soutien initial du gouvernement allemand suite aux vulnérabilités révélées par la pandémie de COVID-19, le Centre collabore désormais avec plus de 160 États membres de l'OMS et 190 organisations et réseaux partenaires. Son champ d'action comprend la surveillance, la détection des agents pathogènes, l'analyse des données et la coopération internationale face aux nouvelles menaces sanitaires. Le Centre fonctionne comme une composante du Programme de gestion des situations d'urgence sanitaire de l'OMS.
Le Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que le Hub est devenu un élément essentiel du cadre de sécurité sanitaire mondiale depuis sa création. La nouvelle stratégie met l'accent sur quatre objectifs principaux : renforcer la surveillance, accélérer la détection, améliorer l'analyse et établir une infrastructure numérique fiable. L'OMS précise que le programme permettra de relier les gouvernements, les agences de santé publique, les scientifiques et les experts en technologies. L'organisation entend s'appuyer sur les systèmes existants tout en élargissant l'accès aux outils d'évaluation rapide des menaces. Un axe majeur de la stratégie est la transformation des données de santé en informations exploitables pour éclairer les décisions de santé publique.
Cinq initiatives fondamentales sous-tendent la stratégie
Le plan sera mis en œuvre à travers cinq initiatives interconnectées, couvrant le renseignement en sources ouvertes, la surveillance des agents pathogènes, la modélisation, la surveillance nationale et les plateformes numériques. Le système de renseignement épidémiologique issu de sources ouvertes (EIOS) utilise l'intelligence artificielle pour analyser quotidiennement des milliers de sources publiques afin d'identifier les menaces sanitaires potentielles. L'OMS indique que plus de 125 États membres et 30 organisations régionales et internationales participent à ce système. Sa communauté mondiale EIOS regroupe plus de 4 000 experts qui contribuent à la détection et à l'évaluation des menaces sanitaires. Cette plateforme offre aux autorités participantes un accès en temps réel aux informations publiques.
Le Réseau international de surveillance des agents pathogènes renforce les capacités de séquençage génomique et de bioinformatique pour identifier et comprendre les nouveaux agents pathogènes. Tedros a souligné que le réseau compte désormais près de 360 partenaires répartis dans plus de 110 pays. Le Collaboratory met en relation plus de 2 000 spécialistes de la modélisation et des sciences des données, capables d’apporter un soutien aux réponses aux menaces émergentes. L’Initiative de surveillance collaborative est active dans plus de 83 pays et soutient les institutions nationales selon une approche « Une seule santé ». Par ailleurs, une nouvelle initiative, « Facilateurs numériques », vise à promouvoir le partage sécurisé des données, leur analyse et une utilisation responsable de l’intelligence artificielle.
Les partenariats à Berlin sont prolongés jusqu'en 2031.
Le Centre de l'OMS a également renouvelé ses accords avec l'Institut Robert Koch et la Charité Universitätsmedizin Berlin jusqu'en 2031. Ces collaborations, en cours depuis 2021, portent sur la surveillance, la génomique, la science des données et la préparation aux situations d'urgence sanitaire. Soutenus par le ministère fédéral allemand de la Santé, ces partenariats associent le leadership international de l'OMS à l'expertise de l'Institut en santé publique et aux atouts cliniques et de recherche de la Charité. Ces accords renouvelés garantissent la poursuite des efforts conjoints visant à articuler la recherche scientifique et les systèmes de santé publique opérationnels.
L’OMS souligne que l’objectif de détection en 24 heures est au cœur de sa stratégie de renseignement sur les pandémies et les épidémies à l’horizon 2030. Le Hub aide les pays à développer des systèmes capables d’identifier les menaces et de mieux comprendre l’évolution des épidémies. Sa stratégie prévoit également le renforcement des infrastructures numériques, l’élargissement de la coopération analytique et l’amélioration de la surveillance des agents pathogènes. L’OMS entend s’appuyer sur ses réseaux mondiaux pour renforcer les capacités nationales de détection et d’évaluation des nouvelles menaces sanitaires. L’organisation précise que ce plan quinquennal s’inscrit dans la continuité des cinq premières années de collaboration internationale du Hub.
L’article « L’OMS fixe un objectif pour 2030 en matière de détection rapide des urgences sanitaires mondiales » est paru initialement sur Oran Star : Actualités algériennes. Perspective maghrébine.
