GENÈVE / RankWire.AI / – L’ Organisation mondiale de la Santé (OMS) a appelé à un renforcement significatif de la riposte contre Ebola en République démocratique du Congo. Selon le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, les équipes sanitaires n’ont pas encore identifié toutes les chaînes de transmission. Au 1er septembre, les derniers chiffres officiels font état de 6 250 cas confirmés et de 3 039 décès. L’épidémie d’Ebola de Bundibugyo touche désormais 60 zones sanitaires réparties dans six provinces.

Cette épidémie est devenue la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée au Congo. Elle se classe également au deuxième rang mondial, après celle de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest. L'Ituri demeure l'épicentre, concentrant environ 85 % des cas et 88 % des décès. Tedros a souligné que de nombreux décès concernent des personnes non répertoriées comme contacts connus, ce qui indique la persistance de maillons manquants dans les chaînes de transmission.
Les obstacles à l'endiguement de l'épidémie demeurent importants, notamment les décès au sein des communautés et les inhumations non sécurisées. Le CDC Afrique signale que plus de 60 % des décès survenus au cours des sept derniers jours ont eu lieu dans les communautés. Des difficultés persistent également en matière de dépistage précoce et de prise en charge rapide, les autorités sanitaires constatant des retards dans l'identification des infections et l'orientation des patients vers les centres de soins. Les dernières données gouvernementales congolaises font état de 1 439 guérisons et d'un taux de létalité de 48,6 %, témoignant de la gravité de l'impact du virus Bundibugyo.
La transmission active persiste dans l'est du Congo
La transmission se poursuit dans 51 zones sanitaires, malgré des signes récents de diminution du nombre de cas. Quatre zones n'ont signalé aucun nouveau cas depuis plus de 42 jours et la transmission y est stoppée. Cinq autres zones n'ont enregistré aucun nouveau cas depuis 21 à 42 jours. Les autorités sanitaires soulignent que ce déclin est encore trop récent pour confirmer que l'épidémie d'Ebola est maîtrisée à l'échelle nationale.
L’OMS a intensifié ses efforts de dépistage, de traitement et d’assistance sur le terrain dans toutes les régions touchées. Plus de 330 tonnes de fournitures d’urgence ont été acheminées et plus de 300 experts ont été déployés. La capacité des laboratoires a été étendue, passant d’un unique laboratoire national de référence à un réseau de 24 laboratoires situés au plus près des communautés affectées. La capacité de dépistage quotidienne atteint désormais environ 3 000 tests, tandis que les capacités de traitement et d’isolement ont été portées à plus de 1 300 lits répartis sur 49 sites.
Les efforts de riposte s'intensifient face à l'épidémie en cours.
L'épidémie est due à l'espèce Ebola Bundibugyo , contre laquelle il n'existe actuellement aucun traitement spécifique ni vaccin homologué. Des essais thérapeutiques sont en cours et des vaccins candidats ciblant le virus Bundibugyo font l'objet d'évaluations de sécurité. La surveillance continue, le traçage des contacts, les analyses de laboratoire, la prise en charge clinique et les opérations d'inhumation sécurisées demeurent prioritaires. L'implication de la communauté reste essentielle, car le dépistage tardif et le suivi incomplet des contacts ont entravé les efforts visant à identifier les personnes infectées avant toute nouvelle transmission.
Le Congo a annoncé l'apparition d'une épidémie dans la province d'Ituri le 15 mai, après avoir confirmé des cas d'infection liés au virus Bundibugyo. Depuis, le virus s'est propagé aux provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Haut-Uélé, du Tshopo et du Bas-Uélé. Tedros a souligné la nécessité d'intensifier la riposte jusqu'à ce que les équipes de santé puissent identifier et interrompre chaque chaîne de transmission. Les autorités restent mobilisées sur le dépistage rapide, le suivi des contacts, les inhumations sécurisées, le diagnostic en laboratoire et l'accès aux soins dans toutes les communautés touchées.
L’OMS souligne la nécessité d’intensifier la lutte contre Ebola au Congo alors que le nombre de cas atteint 6 250. Cet article a été initialement publié sur Oran Star : Actualités algériennes. Perspective maghrébine.
